Mathis Dumas est un guide de haute montagne qui a fait diverses ascensions dont l'Everest, au Népal. Nous sommes partis à sa rencontre afin de recueillir son témoignage sur sa vision de cette destination et de son emblématique sommet. Il nous partage ses conseils pour tout voyageur souhaitant découvrir cette destination.

Qui est Mathis Dumas ?
Mathis Dumas est un guide de haute montagne, alpiniste, photographe et vidéaste français. Chamoniard d’adoption, ses origines viennent d’Ardèche où il a grandi. Après des études dans les métiers de la montagne, il devient officiellement guide à 25 ans. Reconnu par la communauté des montagnards, il est projeté sur le devant de la scène via le documentaire Kaizen, réalisé avec le jeune youtubeur Inoxtag. Ce projet retrace son ascension de l’Everest avec Mathis Dumas, son guide, de la préparation au sommet.
Il nous raconte son rapport personnel avec le Népal : “Je suis parti 4 fois au Népal en tout. J’ai fait seulement la vallée du Khumbu qui mène à l’Everest et la vallée juste derrière, Himlung. Mon objectif est d’y retourner pour aller explorer autre chose.”.

Quels sont les moments forts que tu as pu vivre au Népal ?
Le Népal est un pays qui provoque de fortes émotions, entre sommets himalayens et richesse culturelle. Mathis Dumas nous explique ses moments forts lors de ses voyages dans cette destination unique. Au niveau des paysages, il raconte que “Lorsqu’on fait le trek pour aller au camp de base de l’Everest, la première fois qu’on voit l’Everest ou l’Ama Dablam est un moment magique et marquant. Ce sont des sommets mythiques et d’être là, sur les traces de nombreux explorateurs présents avant nous, se demander ce qu’ils ont pu ressentir quand ils sont arrivés dans ces vallées et qu’ils ont vu ces montagnes, c’est impressionnant. Quand tu vois l’Everest pour la première fois, c’est un sentiment vraiment particulier et je trouve que ça vaut vraiment le coup de voir ça au moins une fois dans sa vie.”.
Concernant les rencontres, Mathis Dumas explique : “Pour moi, la plus grande source de culture et d’intérêt, c’est de partager avec les populations locales. Quand on s’intéresse à eux et qu’on montre que le respect est mutuel, ils partagent volontiers leur histoire, leur savoir, leurs récits et c’est fascinant de voir tout ce qui s’est passé, tout ce qu’ils ont vu. Leur perception du monde est complètement différente de la nôtre et c’est ça qui est intéressant.”.

Le Népal à travers l’Everest ?
Aujourd’hui, de nombreuses personnes ne connaissent le Népal qu’à travers le prisme de l’Everest. Mathis Dumas nous donne son avis sur la question. “C’est vrai que beaucoup de personnes ne connaissent le Népal qu’à travers ce sommet, qui est très mis en avant, mais en fait l’Everest ne représente même pas 0.5 % de ce qu’on peut trouver dans ce pays. Il y a aussi la jungle, la partie ouest est complètement sauvage et vierge. Il y a encore énormément de vallées quasiment inexplorées où le tourisme existe très peu, laissant place à l’aventure riche et sauvage. La vallée du Khumbu et de l’Everest est médiatisée, mais elle est aussi très belle, avec des sommets mythiques comme Ama Dablam. Il y a un attrait particulier pour cette vallée, pourtant, elle représente qu’une infime partie de ce que peut offrir le Népal.”.
Alors, nous avons demandé à Mathis de nous décrire le Népal selon lui : “Le Népal, je le décrirais comme le pays des extrêmes. Tu as des sommets himalayens très hauts où il faut très froid et, de l’autre côté, il y a la partie sud du Népal où l’on retrouve de la jungle et des températures chaudes et humides. Ce sont deux ambiances complètement différentes. Quand tu te rapproches de l’Himalaya, tu passes petit à petit par des étages de végétation, de culture et de populations variées. C’est ce qui rend aussi le voyage aussi riche et atypique. La culture locale est impressionnante avec beaucoup d’énergies et de spiritualité, c’est un pays assez intriguant.”. Néanmoins, c’est important de noter que “Grâce à l’Everest, il y a une mise en avant du Népal. Certaines personnes vont y aller d’abord pour l’alpinisme ou pour voir l’Everest mais ils vont peut-être y découvrir toute la culture et avoir envie d’aller plus loin. Ils pourront alors revenir pour explorer d’autres vallées et régions dans le pays. Pour moi, l’Everest est une porte d’entrée, c’est une vitrine pour le Népal comme le Mont Blanc dans les Alpes. Tu peux t’arrêter à ces sommets, mais, si tu as une âme d’explorateur, tu peux te laisser surprendre par la beauté de tout ce qu’il y a autour.”.

Quelle est l’importance des Sherpas ?
Les Sherpas, peuple emblématique du Népal, “ont une place et un rôle central dans le pays, notamment sur les sommets à plus de 8 000 mètres ou n’importe quelle ascension. Ils ont des prédispositions génétiques hors du commun leur permettant de supporter l’altitude. Ils connaissent leurs montagnes par cœur et savent comment les grimper, les escalader, quelle voie emprunter et quels moyens mettre à disposition. Ils possèdent toute cette expérience et ce vécu que nous n’avons pas forcément.”.
Selon Mathis Dumas, “les Sherpas ont un cœur immense et une culture magnifique. Ce sont des personnes très attachantes qui ont toujours le sourire. Aujourd’hui, ils ont vraiment ce rôle de guide en Himalaya. Ce sont eux les plus puissants au Népal parce qu’ils font vivre l’économie de ce pays très pauvre. Les familles sherpas gèrent maintenant les plus grosses agences pour faire des ascensions donc ils sont devenus incontournables. Avec le temps, ils sont vraiment montés en compétences.”.

Quels conseils pourrais-tu donner aux voyageurs qui souhaitent partir au Népal ?
Nous avons interrogé Mathis sur ses conseils afin de se préparer pour un trek ou une ascension au Népal : “Plus vous faites du sport avant, plus vous allez vous entraîner en faisant des randonnées autour de chez vous avec un petit sac-à-dos et mieux vous vous sentirez une fois sur place. Il faut être bien équipé et rester humble face aux éléments, et tout se passera bien. Les népalais sont incroyables, tout comme leur culture, donc c’est forcément un voyage super enrichissant. Par contre, il ne faut pas griller les étapes, respecter l’environnement et écouter les conseils du guide.”.
En termes de préparation physique pure et dure, “Pour grimper l’Everest il faut forcément un entraînement particulier mais pour faire du trek il faut simplement avoir une bonne condition physique, pouvoir marcher au moins 4 heures par jour avec un petit sac-à-dos. Faire quelques randonnées en amont est primordial pour pouvoir faire tourner les jambes et se remettre en forme.”. Concernant la préparation à l’altitude, pour contrer le mal des montagnes, “C’est bien de faire un test avant pour voir comment on réagit face à l’altitude parce qu’on peut se mettre en danger soi-même et le groupe.”. Une fois sur place,”J’ai l’habitude de dire qu’en altitude, s’il y a un doute, il n’y a pas de doute, il faut redescendre. Il faut écouter les guides, porteurs et sherpas, qui ont plus d’expérience et qui savent ce qu’il faut faire en termes de rythme, de fatigue, de vitesse d’ascension. Il faut s’économiser pour pouvoir passer le ou les cols du trek ou bien pour la journée d’ascension si on gravit un sommet. On ne récupère pas en altitude donc il faut garder de l’énergie et avancer doucement.”.

Désormais, vous êtes fin prêt pour voyager au Népal, tenter un trek ou une ascension. On remercie Mathis Dumas de nous avoir partagé son expérience et ses conseils de guide de haute montagne. Profitez de ce récit inspirant pour préparer votre prochaine aventure !